Hendaye, 23 janvier 2013

Jean-Yves Bouton sur les cartes mentales en classe

Jean-Yves Bouton sur les cartes mentales en classe

10 jan, 2013

Jean-Yves Bouton, professeur de lettres classiques et formateur associé, a mené un travail de recherche sur l’utilisation pédagogique des cartes mentales. Nous l’avons rencontré aux rencontres « Au doigt et à l’œil » organisées par l’ANAE. Il nous a donné quelques précisions sur cet outil encore peu utilisé en classe. Il animera un atelier intitulé « Les cartes mentales numériques, un atout pour la connaissance des processus d’écriture » lors de la journée du numérique

Qu’est-ce qu’une carte mentale ?
C’est un objet qui peut être manuscrit ou numérique et qui associe 2 éléments, à savoir l’élément graphique et l’écriture. En jouant sur ces deux aspects on va construire un objet auquel on va pouvoir donner toutes sortes de fonctions. C’est ce qui fait l’intérêt de ces outils, qui sont une sorte de projection de la boîte noire intérieure de celui qui l’utilise.

Quelle différence faites-vous entre une carte heuristique, une carte cognitive et une carte conceptuelle ?
Une carte heuristique va permettre de résoudre un problème, de chercher, d’essayer de trouver quelque chose.

Une carte conceptuelle essaie de faire le tour d’un concept. Ce peut être un concept linguistique, un concept scientifique, ce peut être aussi une question de droit. Par exemple, je me suis interrogé sur la culpabilité de Médée et la place de Jason, dans la tragédie d’Euripide : une carte mentale permet de mettre clairement en valeur la culpabilité de Jason. On le savait déjà empiriquement, mais on en a la preuve avec la carte.

Une carte cognitive sera plutôt un moyen d’apprentissage. Je vais faire une carte conceptuelle dans un premier temps, pour faire le tour d’une question, par exemple le verbe, en français, en latin ou en grec, la carte devient ensuite un objet d’apprentissage, elle devient dans ce cas cognitive, parce qu’elle va jouer sur la mémorisation, sur l’observation, la classification, la hiérarchisation des idées.

Donc le même objet, la même carte, peut être tour à tour heuristique, conceptuelle et cognitive.

Comment en êtes-vous arrivé à vouloir étudier cette question ?
J’y suis venu en deux étapes : j’ai eu un premier contact avec les cartes conceptuelles il y a très très longtemps par l’intermédiaire de Christophe Tauzin du CATICE (Centre académique des TICE du rectorat de Bordeaux), qui nous a présenté les cartes heuristiques. A cette époque, étant donnée mon histoire personnelle et l’impression d’être toujours dans le brouillon, j’ai rejeté cet outil comme étant trop intuitif et donc trop éloigné de ce qu’on pouvait attendre des élèves et j’avais peur de créer de la confusion là où il y en avait déjà trop.

Deux ans plus tard, une collègue m’a contacté pour participer à une recherche INRP sur les supports et plus précisément, pour l’équipe de l’IUFM de Bordeaux IV, sur les cartes mentales. Donc je me suis retrouvé dans cette équipe plus par affinité que par goût pour les cartes et j’ai découvert un univers qui m’a intéressé.

Quels sont les avantages pédagogiques de ces outils ?
Ils sont nombreux et fonction encore du rôle qu’on va donner à la carte.

D’abord c’est un outil de recherche, parce qu’il permet de creuser, de développer par arborescence des idées, donc il permet d’aller dans l’approfondissement d’une question. C’est l’aspect heuristique.

Ensuite ils ont un aspect très intéressant qui va être utilisé dans la hiérarchisation, l’organisation des idées. On va pouvoir d’abord développer et en même temps reclasser, faire remonter des niveaux, changer des niveaux de hiérarchie, passer le 1 en A etc. De ce point de vue, ce sont des instruments qui permettent d’organiser la pensée.

Ensuite, il faut noter l’avantage de l’aspect graphique pour l’apprentissage. Les cartes cognitives sont donc un moyen d’apprentissage intéressant pour les élèves, qui permet de visualiser, de retenir. Le principe est d’agir sur les deux hémisphères, la sphère plutôt analytique et la sphère plus émotionnelle, sensuelle, de l’hémisphère droit du cerveau.

Dans quelles classes avez-vous expérimenté ces outils ?
Je les ai utilisés en classe de Seconde et de Première. En Première, dans le cadre de l’écriture du commentaire littéraire : dans une démarche à la fois heuristique, bien sûre, et conceptuelle, parce qu’on va réorganiser les idées dans l’intention de faire un plan. Je l’utilise en français, beaucoup moins en langues anciennes, à part dans l’exemple de Médée dont je parlais tout à l’heure, parce que je pense que le support ne s’y prête pas particulièrement tant qu’on est dans une démarche de traduction. Mais ils peuvent être bien sûr être utilisés dans une démarche de lecture analytique, en langues anciennes.

Avez-vous constaté des résultats qui pourraient être transposés à d’autres disciplines que les lettres ?
Sur l’organisation, ces outils peuvent être utiles pour tout ce qui est du domaine des sciences humaines, qu’il s’agisse de la dissertation de philo, l’organisation des idées, l’argumentation dans le cadre du paragraphe argumenté en histoire, la dissertation, en éco-droit, en Sciences économiques et sociales et ainsi de suite, pour toutes les disciplines qui ont une forte présence de l’écrit. et d’un écrit dont les attentes scolaires sont extrêmement normées. La possibilité d’agir sur la hiérarchie, sur des arborescences, conduit à organiser et à travailler sur l’argumentation, sur l’organisation de l’écrit.

Publier une fiche biographique sur Wikipédia

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4 jan, 2013

Marie-France Torralbo, professeur-documentaliste au lycée Gaston Fébus d’Orthez, fera part, pendant l’atelier consacré à l’utilisation de Wikipédia en classe, d’un travail réalisé avec des élèves de seconde.

Présentation d’une expérience menée en Littérature et société : création par des élèves de seconde d’un article sur wikipédia, après rencontre avec une artiste photographe dont la notice biographique était absente sur la version française de l’encyclopédie collaborative. Réalisation d’un travail d’écriture collectif et réflexion sur la publication en ligne et la fiabilité de l’information, réflexion sur l’aventure de l’Encyclopédie depuis Diderot et d’Alembert.